Adriers
41, rue principale - BP 50002
86430 Adriers
Tél : 05 49 48 73 06
On parle d'Adriers depuis.... l'an 790
Le nom de la commune d’Adriers apparaît en 790, sous le règne de Charlemagne, sous le nom d’Adracinse. Elle se situe à la limite des diocèses de Poitiers et de Limoges, entre les Pictons et les Lémovices. Entrefins = Inter Fines.
Aux confins granitiques du Limousin, le bourg d’Adriers appartenait au Comté de la Marche, à la Châtellenie de Calais à l’Isle Jourdain (Basse Marche). La commune fut rattachée au département de la Vienne en 1790.
S’étalant sur 6807 hectares, c’est l’une des plus vastes communes du département. Elle mesure 11 km sur 11 km dans ses plus grandes dimensions. Une petite rivière, la Franche Doire traverse la commune d’Adriers, d’Est en Ouest pour se jeter dans la Blourde, rivière plus importante, qui borde le territoire sur 4800 m, côté Ouest.
Son altitude varie de 110 m au point le plus bas à 233 m au point le plus haut, qui est aussi le point culminant du département de la Vienne.
Essentiellement agricole, notre commune a vu l’élevage ovin dominer l’activité, mais quelques éleveurs se sont également spécialisés dans la race bovine limousine, cependant que d’autres exploitants se sont dirigés vers les céréales, transformant le paysage de bocage qui prévalait jusqu’alors.
À part les hameaux où l’on trouvait quelques petites propriétés, les domaines agricoles, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, étaient exploités très majoritairement en métayage. Des propriétaires possédaient une ou plusieurs fermes nées des grands défrichements des 18ème et des 19ème siècles. Moyenne des exploitations : 60 à 100 hectares. Une propriété, la Combe, comprenant 18 métairies comptait plus de 1200 hectares d’un seul tenant autour du château.
Actuellement, avec la mécanisation, il y a une tendance au regroupement de terres pour créer de grandes exploitations.
Une Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole, compte en 2009, une quinzaine d’années d’existence. Une majorité des nouveaux agriculteurs de la commune adhère à la CUMA qui leur offre la possibilité d’utiliser du matériel performant à des coûts très intéressants.
Adriers a été très touché par l’exode rural. Le principe d’exploitation en métayages d’abord, plus l’apparition de matériels mécaniques ont chassé une partie de la population. A la fin du 19ème siècle Adriers comptait 2020 habitants. Actuellement on en compte 750 environ.
A la fin du 18ème siècle et au 19ème, on trouvait à Adriers différents autres métiers comme des aubergistes, des cafetiers, boulangers, marchands de tissus, cordonnier, épiciers, boucher, maréchaux-ferrants, charrons, maçons, sabotiers, tonnelier, menuisiers, charpentiers. Jusque vers les années 1950, l’activité était intense, puis avec le temps elle a peu à peu diminué jusqu’à disparaître complètement pour certains métiers.
Cependant le bourg s’est développé au détriment de la campagne où beaucoup de lieux dits sont aujourd’hui abandonnés, ou ruinés ou disparus.
Actuellement, l’Etablissement de Soins et d’Aide par le Travail, (ESAT, André Rideau), anciennement Centre d’Aide par le Travail (CAT), emploie de nombreux salariés au service des personnes handicapées.
Autrefois, une foire mensuelle se tenait le trois du mois, où on pouvait vendre des cochons, des volailles, des lapins et où on pouvait acheter tissu, quincaillerie, vêtements, chaussures. Une fête annuelle ou « Assemblée de la Fête Dieu », réunissait jeunes et vieux autour de manèges et d’un parquet où se donnait un bal musette.
Mais une histoire qui remonte à la nuit des temps
Pierre dolménique de Saint Joseph
Epoque préhistorique
L’histoire de la commune d’Adriers commence dès l’époque préhistorique. On a découvert dans un champ au-dessous de la ferme de Saint Joseph, les restes d’une table dolménique qui date probablement des temps néolithiques. (-6000 à -3000 ans avant Jésus Christ).
Ce dolmen a été inventorié comme ruiné, dans l’inventaire des mégalithes de France concernant le département de la Vienne, publié en 1996. La pierre est conservée dans le jardin de la propriété.
Epoque gallo-romaine
Poteries gallo-romaines : En septembre 1919, suite à la chute d’un bœuf dans un souterrain, vers le lieudit « Les Caves » actuellement ruiné, Monsieur Cellier, hôte et parent de Mademoiselle Crosnier a retrouvé, les amorces de deux galeries. Quatre fragments de poterie noire, incontestablement gallo-romaine trouvés dans la fouille, permettent de faire remonter au moins à cette époque la création du souterrain. Il y eut des fouilles au printemps 1920. Il est probable qu’en ce lieu se trouvent encore d’autres objets.
Four à tuiles gallo-romain ? Au lieu dit « La Vergne », à 2 km Nord/Nord-Ouest du bourg d’Adriers a été découverte une sorte de voûte pouvant être la gueule d’un four à tuiles gallo-romain. La largeur et la hauteur visibles sont d’environ 0,45m sur 0,60 m. La profondeur contrôlable est de 1,70 m. Il n’est pas possible de s’assurer, en l’état actuel de la découverte, si l’ensemble descend plus profondément que le sol apparent. Des briques ont été trouvées ainsi que des morceaux qui font penser à des restes de tuiles. Un signalement à la Direction Régionale de L’action Culturelle a été fait par Monsieur Jean Colasson en date du 28 Novembre 2007.
Monument funéraire gaulois ou gallo romain ? : Il s’agit d’une construction élevée en pierres de toutes natures grossièrement jointoyées au mortier, dans un pré au-dessous de la maison bourgeoise autrefois propriété de la famille Bernardeau de Monterban, en face de la porte du cimetière. La hauteur varie de 1,70 m à 2,10 m pour une longueur de 3,80 m sur 1,90 m de large. L’ensemble, élevé sur un petit tertre aujourd’hui envahi par la végétation, est cerné d’une sorte de douve remplie d’eau, d’environ 3m de large. Un signalement à la Direction Régionale de L’action Culturelle a été fait également en date du 28 Novembre 2007.
Au moyen âge
Au lieu-dit « Messignac », on peut encore trouver des restes de douves et de remparts qui témoignent de l’existence en ce lieu d’un château fort.
Au centre du bourg, se tenait une place protégée avec des douves, des remparts, une maison forte avec des canonnières, une tour et l’église fortifiée à l’époque de la guerre de cent ans. Cet endroit servait de refuge à la population contre les hordes de brigands et de mercenaires.
La renaissance
Une fenêtre à meneaux de bois subsiste encore au « Château Branlant », typique de la Renaissance.
Les temps modernes
La Celle (petit monastère Grandmontain) d’Entrefins a souffert de pillage sous les guerres de religion. La communauté de Puy Chevrier y trouva malgré tout refuge au début du 17ème siècle.
On ne sait rien de l’époque de la Révolution de 1789, les archives communales ont sans doute été expurgées.
L’époque contemporaine
La commune d’Adriers a payé un lourd tribut, lors de la première guerre mondiale. Plus d’une centaine de jeunes gens ont leur nom inscrit sur le monument aux morts. De cette abominable saignée, la commune en conservera longtemps les conséquences.
Après la seconde guerre mondiale, l’exode rural massif n’est pas compensé par l’arrivée de quelques anglo-saxons sur le territoire de la commune.
Le patrimoine d'Adriers
Eglise Saint Hilaire
Eglise fondée vers le milieu du 11ème siècle pour remplacer un ancien sanctuaire probablement mérovingien, lui-même déjà placé sous le vocable de Saint Hilaire et cité dès l’an 790. Elle a été donnée aux chanoines de la collégiale du Dorat en 1063.
C’était une église romane avec voûtes en plein cintre, flanquée d’un épais clocher pouvant servir de protection en cas d’attaque.
Au milieu de la guerre de cent ans, la voûte s’écroula. A sa reconstruction, on en profita pour fortifier la façade au moyen de deux échauguettes sur contreforts d’angles, surmontées et reliées entre elles par un parapet crénelé monté sur mâchicoulis.
Au cours du 19ème siècle, l’église, en très mauvais état, dût être reconstruite. Sous l’impulsion de l’abbé Charruyer, curé de la paroisse, les travaux furent menés en deux étapes.
La nef fut rebâtie dans le style gothique angevin sur piliers trilobés de type poitevin. Le clocher a été refait, moins massif et plus élevé que l’ancien. La façade fut conservée, à la demande du ministère des beaux arts, mais selon les principes de l’architecte Viollet-Le-Duc, (sans respecter le modèle original) ainsi que les différents éléments architecturaux et sculpturaux.
Dans l’église à noter :
Un christ en croix, en bois polychrome du 17ème siècle.
Une vierge à l’enfant, en bois, dorée, datée de la fin du 17ème siècle ou du début du 18ème. Classée monument historique.
Une statue reliquaire de Sainte Radegonde, en bois polychrome, du 17ème siècle.
Une piéta, monument élevé à la mémoire des morts à la guerre.
Un tableau de Henry Daras, élève de Puvis de Chavannes : « Jeanne d’Arc recevant les insignes de sa vocation ».
Sur la place de l’église : Un calvaire portant les instruments de la passion. Très rare dans notre région. Erigé en 1754, a dû être refait presque entièrement.
Le « Château Branlant »
C’est la plus ancienne des demeures bourgeoises. Elle présente les caractères d’une maison forte datant de la fin du 16ème siècle, avec ses murs très épais et ses canonnières. Elle possède également une fenêtre à meneaux de bois datant de la renaissance. Elle servit de presbytère lors de la révolution de 1789, comme en témoignent des fresques à l’intérieur. (Propriété privée).
Le logis Saint Pierre
Le chapitre de Saint Pierre du Dorat était seigneur châtelain d’Adriers dont on retrouve les premières mentions vers le début du 10ème siècle, dans les archives de l’abbaye de Nouaillé. Un magnifique logis (1756), construit après un édifice plus ancien bordant la route, porte le nom de Saint Pierre. Actuellement le siège de la pharmacie. (Propriété privée).
Plusieurs autres maisons remarquables, dans le bourg d’Adriers et en campagne, possèdent des toitures avec ouvertures à la Mansart.
L’ancien presbytère (1832)
Il a été et reste la plus belle demeure d’Adriers. Le style de construction choisi fut celui qui, depuis la fin du 17ème siècle, dominait autant pour les maisons de maître que pour les demeures nobles. Un corps central à deux niveaux, flanqué de deux pavillons porteurs chacun d’un étage aménagé, le tout coiffé d’une toiture à la Mansart, ouverte par de belles et hautes lucarnes annonçant le rang social de l’occupant. A été occupé en 1832 pour la première fois. (Actuellement propriété privée).
Une maison paysanne : « Chez le Rouge »
Elle a été répertoriée par les « Maisons Paysannes de France ». D’une composition architecturale classique dans sa façade, un couloir séparant deux grandes pièces, elle porte deux rangées de génoises. On peut remarquer, sur le mur de la grange, à droite de la façade, des os de bovins inclus dans le mur. Ce sont là des restes qui nous renvoient à la mythologie égyptienne, au culte de la déesse Isis. Ils avaient un rôle protecteur.
Hôpital-Hospice Lapierre (1871)
Suite à la donation de la famille Garestier-Lapierre aux pauvres d’Adriers, fut construit un hôpital hospice par un architecte de Poitiers, Monsieur Perlat. Il comprenait (et comprend toujours), un corps de logis flanqué de deux pavillons de même profondeur. Les ouvertures sont surmontées d’impostes en plein cintre sur encorbellements, les parements en pierre de taille moulurée donnent fière allure à l’ensemble. Il abrite actuellement l’Etablissement de Soins et d’Aide par le Travail, André Rideau. (ESAT) Il est la propriété du Centre Communal d’Action Sociale. (CCAS).
Chapelle dédiée à Saint Etienne de Muret à Entrefins
Elle rappelle en ce lieu la présence d’un monastère de l’Ordre de Grandmont élevé au milieu du 12ème siècle. Il fut détruit du 18ème au 19ème siècle. La chapelle fît bâtie entre 1871 et 1875 avec des éléments récupérés de l’ancien prieuré. Elle fut et reste un lieu de pèlerinage et de « voyages », Saint Etienne de Muret étant réputé pour guérir certaines maladies. Elle est propriété communale.
Château de Monterban
Monterban apparaît dans les textes, pour la première fois, dès le milieu du 13ème siècle. Les ruines d’un château, sans doute beaucoup plus tardif (1835-1850)) sont le seul souvenir qui nous soit parvenu. Melle Séraphine de Monterban l’a représenté en aquarelle. C’était un manoir flanqué de deux tours actuellement ruiné. (Propriété privée).
Château de la Combe
Les archives du Prieuré du Teil nous font connaître l’existence de la terre de la Combe au cours de la deuxième moitié du 15ème siècle. Un château moderne, à l’architecture classique rigoureuse est visible de nos jours et date du premier tiers du 19ème siècle et a été agrandi et modifié vers 1930. Possède une chapelle funéraire. (Propriété privée).
Cimetière protestant de Royoux
Non loin du lieu dit « Royoux » quatre tombes évoquent la présence d’une famille protestante en ce lieu. La famille Guérin a été propriétaire de Royoux et quatre de ses membres reposent dans ce petit cimetière. Depuis un édit de Louis XIV en 1666, les fidèles de la « nouvelle religion », s’étaient vu refuser l’accès aux cimetières communaux. La tradition s’est conservée d’une inhumation à part. (Propriété privée)
Château de Messignac
Le château est composé d’un vaste corps de logis flanqué de chaque côté de deux avant-corps. De facture classique, on remarque d’abord ses proportions harmonieuses dans ses façades Est et Ouest.
Les restes de douves et de murs attestent d’un site beaucoup plus ancien, ce sont là des traces d’un château fort, cité à la fin du 13ème siècle. Il a reçu d’importantes réparations sous le 1er empire, sans entraîner une modification de son aspect. (Propriété privée).
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